One-Punch Man tome 21 : « En un éclair », le tome sans Saitama

Le tome 21 de One-Punch Man porte un titre qui annonce la couleur : « En un éclair ». Saitama n’y donne pas un seul coup de poing. Le volume appartient aux héros de classe S, descendus dans les souterrains de l’Association des monstres, et surtout à Flashy Flash. Kurokawa l’a publié en France le 10 septembre 2020.
L’assaut commence pour de bon
Dès les premières pages, le combat décisif entre l’Association des monstres et les héros bat son plein. Les héros de classe A et les rangs inférieurs peinent devant la porte. Les classe S, eux, écartent ce qui leur barre la route et s’enfoncent dans le repaire.
Flashy Flash occupe une bonne moitié du volume. Deux démons très sûrs d’eux lui font face, puis arrivent les ninjas transformés en monstres. Sa vitesse règle le problème. C’est le morceau de bravoure du tome, et le titre français y renvoie directement.
L’autre fil suit le Petit Empereur. Le gamin sort tous ses gadgets pour localiser l’otage et le sortir de là. Il ne cogne pas, il prépare. Ça change du reste de la série, où la question se règle à mains nues.
Voici un petit tableau récapitulatif des moments forts de ce tome :
Personnage | Action principale | Ce que ça apporte |
|---|---|---|
Flashy Flash | Combat contre des ninjas devenus monstres | Le grand morceau du volume, celui qui lui donne son titre |
Petit Empereur | Infiltration pour libérer l’otage | Un héros qui gagne par la préparation, pas par la force |
Héros de classe S | Descente dans le repaire | L’affrontement passe sous terre et se disperse en duels |
Murata, toujours au-dessus du lot
Le dessin est signé Yusuke Murata, et il n’a pas baissé d’un cran. Les scènes de bataille restent lisibles à pleine vitesse. Beaucoup de mangas d’action perdent le lecteur au troisième échange de coups ; ici on suit le geste jusqu’au bout. Les décors tiennent debout. Les visages portent l’émotion sans grimacer.
En tant que graphiste, c’est cette lisibilité qui m’impressionne le plus. Murata empile les détails et le lecteur suit quand même le geste, case après case. J’ai passé un bon moment sur certaines planches à essayer de comprendre comment il s’y prend pour rendre le mouvement lisible sans rien sacrifier au décor.
Quelques points forts du travail graphique de ce tome :
Des cadrages qui accentuent l’intensité des combats
Un jeu d’ombres et de lumières qui donne du relief aux scènes souterraines
Des expressions faciales qui transmettent l’émotion sans surjouer
Des effets d’attaque qui restent lisibles même à pleine page

La fiche du tome
Kurokawa publie la série en France et la range en shonen. Sorti le 10 septembre 2020 sous le titre « En un éclair », ce volume compte 224 pages, dans une traduction de Frédéric Malet.
Pour ceux qui suivent la série depuis le début, le scénario est signé ONE, l’auteur du webcomic d’origine, celui qu’il dessinait lui-même avant que le succès n’arrive. Le dessin, lui, est l’œuvre de Yusuke Murata, qui redessine cette histoire depuis 2012. Deux auteurs, deux métiers. C’est ce partage qui tient l’équilibre de la série entre l’humour et la narration, et le tome 21 penche nettement du côté de l’action.
Petite anecdote personnelle : j’achète chaque volume à sa sortie, c’est devenu un rituel. Je le lis en rentrant, sur l’étagère où traîne une figurine de Kyoka Jiro qui n’a rien à faire là mais qui y est depuis des années.
Ce qu’on peut lui reprocher
Il y a de quoi être frustré, et ça se résume à un nom : Saitama. Le héros de la série n’apparaît pas. Sur 224 pages consacrées à l’assaut contre l’Association des monstres, l’absence pèse.
L’intrigue principale, du coup, avance peu. Ce tome enchaîne les combats comme le précédent, et l’humour qui fait la signature de One-Punch Man se fait discret entre deux échanges de coups. Ça ne me dérange pas outre mesure. Ces volumes servent à installer les seconds rôles, et Flashy Flash comme le Petit Empereur en sortent bien plus intéressants qu’ils n’y sont entrés.
Ce qu’on y gagne :
Des combats spectaculaires et lisibles de bout en bout
Des seconds rôles enfin développés
Ce qu’on y perd :
Saitama, absent du volume
Une intrigue principale qui progresse lentement
L’humour de la série, en retrait
Tout compte fait, « En un éclair » est un volume d’action pure, porté par ses seconds couteaux et par le trait de Murata. Ceux qui lisent One-Punch Man pour les combats seront servis. Les autres attendront leur chauve préféré un peu plus longtemps.