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Cinq mangas à lire cette semaine : Zashisu, le retour de Masanori Morita

Kenji·6 min de lecture

Cinq titres cette semaine, et deux portent la même signature. Masanori Morita revient en France avec Zashisu, un thriller qui ne ressemble à rien de ce qu'il a fait avant, pendant que Rokudenashi Blues, son classique de la fin des années 80, approche du terme de sa réédition chez le même éditeur. Autour de ce doublé : une romance qui démarre chez Kana, un volume de One Piece qu'on suit de nouveau sans effort, et la fin de She is Beautiful.

Le coup de cœur : Zashisu tome 1, Masanori Morita passe au thriller

Morita n'avait plus eu d'inédit publié en France depuis des années. Pika sort le premier des trois tomes depuis le 15 avril, et l'attente était justifiée.

Un thriller maîtrisé de bout en bout

Le point de départ tient en quelques pages. Kai Yamauchi, professeur, apprend à la télévision qu'un ancien camarade de classe a été assassiné. Quelques jours plus tard, sa compagne Tamao, éditrice, tombe sur un manuscrit refusé qui raconte ce meurtre dans le détail et annonce les suivants. À partir de là, le tome ne lâche plus rien.

Le genre est neuf pour Morita, l'art de tendre un fil beaucoup moins. Les révélations tombent quand il faut, jamais deux pages trop tôt. Son trait fin et ses découpages limpides guident le regard sans jamais perdre le lecteur, ce qui compte double dans une histoire où chaque information change la lecture de la précédente. Le postulat, lui, reste classique : un manuscrit qui prédit des crimes, on a déjà lu ça ailleurs. C'est l'exécution qui fait la différence.

Trois tomes, et pas quarante

La série est complète au Japon, prépubliée dans le magazine Grand Jump entre fin 2022 et début 2024. Ça se sent à la lecture : rien ne traîne, aucune sous-intrigue n'est posée pour meubler. Pour un premier volume, Zashisu ouvre beaucoup de pistes, et elles sont toutes tenues. Si tu aimes les thrillers qui se lisent d'une traite, celui-là est pour toi.

Esquisses de nos cœurs en devenir : la romance qui démarre chez Kana

Kana lance le 24 avril le premier tome d'Esquisses de nos cœurs en devenir, de Daichi Kawada, dans sa collection Big Kana Life. Un lycéen qui vise une école d'art, une fille qui travaille les tambours taiko dans l'atelier de son grand-père. De la romance et du bricolage.

Une tranche de vie sentimentale qui respire

La force de la série, c'est son naturel. Les deux personnages comprennent assez vite ce qu'ils ressentent, et ils le disent. Aucun malentendu étiré sur dix tomes, aucun coup de foudre artificiel. Les sentiments avancent au rythme des passions de chacun, et le dessin suit ce mouvement sans forcer le trait.

C'est fluide. Ça avance.

Le duo tient parce que Kawada s'attarde sur ce que ses héros fabriquent, un dessin, une caisse de tambour, plutôt que sur ce qu'ils devraient ressentir. Pour qui aime les personnages travaillés dans le détail, la pioche est bonne.

Sept tomes au Japon, la fin est déjà écrite

La série est terminée là-bas en sept volumes. Bonne nouvelle si tu en as assez des titres qui durent quinze ans : la conclusion existe, il n'y a qu'à attendre les traductions. Ni remplissage ni étirement en vue.

One Piece retrouve son souffle dans ce nouveau volume

Après des arcs que beaucoup de lecteurs ont trouvés confus, ce volume respire. On sait de nouveau qui fait quoi, et pourquoi.

Un arc qui redonne du plaisir

Les nouveaux éléments arrivent au compte-gouttes plutôt qu'en bloc. Le parfum de découverte des débuts revient par moments. Le volume est dense, mais structuré : peu de cases surchargées, aucun personnage secondaire lâché en route puis rappelé trois chapitres plus loin.

La série paraît toujours chaque semaine dans le Weekly Shōnen Jump, et Glénat suit en France, tome après tome.

Un volume qui contraste avec les précédents

La critique est en creux : One Piece était devenu brouillon. Ce tome revient à ce que la série sait faire. Pour les lecteurs de longue date qui attendaient un signe, c'est un soulagement. Pour ceux qui avaient décroché en cours de route, ça vaut peut-être le détour.

Rokudenashi Blues tome 23 : les adieux se préparent

Pika republie Rokudenashi Blues dans sa collection Masterpiece, qui reprend le découpage bunko japonais, soit vingt-cinq volumes. Avec ce tome 23, il en reste deux. Et ça se sent.

L'après-combat comme thématique centrale

Ce volume écrit des épilogues. Le thème, c'est « l'après » : la vie une fois les bagarres finies, une fois l'adolescence derrière soi. Le ton est plus grave que d'habitude, l'humour reste. On suit ces personnages depuis vingt-deux tomes, et les voir commencer à tourner la page fait quelque chose.

Mélancolique sans être larmoyant

L'équilibre tient. Rien ne s'apitoie, et pourtant ça serre. C'est ce qu'il faut pour préparer une fin sans la gâcher, et Morita conclut comme il a toujours écrit, sans esbroufe. Rokudenashi Blues rejoint la liste des séries manga qui se terminent, en prenant le temps de le faire proprement.

She is Beautiful : une conclusion déstabilisante et réussie

Le sixième tome referme le thriller d'anticipation de Jun Esaka et Takahide Totsuno, chez Kurokawa. Il laisse une trace.

Un dernier tome éprouvant

L'histoire se déroule en 2030, dans un institut où grandissent des dizaines de filles et où la mémoire de Kurumi s'efface à chaque réveil. Le dernier volume tient la promesse des cinq précédents : la fin est troublante, franchement pénible par moments, et elle ne triche pas avec ce qui a été posé avant.

Elle dérange.

Un thriller d'anticipation prenant du début à la fin

Six tomes, pas un de trop. La tension tient jusqu'à la dernière page, et l'écriture des deux auteurs ne faiblit pas en route. Prévois deux jours pour t'en remettre. Ceux qui préfèrent les conclusions rassurantes passeront leur chemin.

Où trouver ces cinq mangas ?

Zashisu et Rokudenashi Blues sont chez Pika, Esquisses de nos cœurs en devenir chez Kana, One Piece chez Glénat, She is Beautiful chez Kurokawa. Quatre de ces cinq titres ont déjà leur fin écrite au Japon. Seul One Piece continue de s'écrire.

Acheter les tomes, c'est ce qui permet à ces séries d'exister en français, et de continuer une fois le premier volume vendu. Certains mangas annulés finissent par revenir, mais c'est l'exception. Si une série te plaît, prends le tome suivant. C'est comme ça que ça marche.

Écrit parKenji