Gals can't be kind to Otaku ?! Vol.1 : le manga qui dépasse ses propres clichés
Gals can't be kind to Otaku ?! arrive en France chez Shiba Edition, et le tome 1 se lit très bien à condition d'encaisser une avalanche de poncifs en ouverture. Cette tranche de vie lycéenne suit Takuya, un otaku qui cache sa passion pour un anime de magical girls, jusqu'au jour où deux des filles les plus populaires du lycée tombent dessus. Le triangle est ultra-classique. Mais la série de Norishirochan et Sakana Uozumi dégage une vraie bienveillance et évite le fan service gratuit qui plombe trop souvent ce genre de récit. La sortie française tombe juste avant l'anime, prévu pour avril au Japon.
De quoi ça parle vraiment ?
Le pitch sans bullshit
Takuya Seo est lycéen, plutôt solitaire, et planque à tout le monde qu'il est otaku. Pire : qu'il adore Kiramon, un anime pour petites filles. Deux camarades finissent par le griller. Kei Amane d'abord, la beauté inaccessible du lycée, fan de Kiramon elle aussi mais qui jure que c'est pour sa petite sœur. Kotoko Ijichi ensuite, une gyaru solaire qui se met à l'anime à son tour. Résultat : une amitié inattendue entre un otaku coincé et deux « reines du lycée » qui partagent la même passion.
Un triangle relationnel ultra-classique
On ne va pas se mentir : le setup est vu et revu. Le mec discret + les deux filles les plus canons du lycée qui s'intéressent soudainement à lui = bingo du cliché. Mais contrairement à ce que le titre laisse penser, l'histoire ne joue ni sur les malentendus ni sur les humiliations. Les deux héroïnes sont bienveillantes dès le départ. Ça change tout.
Les points qui coincent (oui, y'en a)
Des poncifs à la pelle
Le volume empile les vieux clichés sur la culture otaku, avec des encarts « particularité d'otaku » qui deviennent vite lourds. Kei ressort l'excuse « c'est pour ma petite sœur » toutes les trois pages pour justifier ce qu'elle sait de Kiramon. Le running gag aurait pu rester mignon, mieux dosé. Là, c'est trop.
Un format répétitif
Chaque chapitre se découpe en plusieurs mini-épisodes de quelques pages, ce qui donne un rythme saccadé. Et bien sûr, Takuya ne peut pas s'empêcher de se demander pourquoi des filles aussi populaires traînent avec lui, page après page.
15-20 ans de retard ?
Par moments, la série sort tout droit des années 2000. Et pourtant, même à l'époque, Genshiken (qu'on adorerait voir réédité en France, au passage) traitait la culture otaku avec plus de nuance. Ici, on reste dans le basique.
Ce qui marche (et c'est pas rien)
Une vraie bienveillance entre les personnages
Malgré les clichés de départ, les deux mangakas arrivent à créer quelque chose d'attachant. Takuya et Kei trouvent enfin quelqu'un avec qui partager leur passion sans honte, pendant que Kotoko fait le liant et empêche le duo de se refermer sur lui-même. Les étapes classiques (échange de contacts, premières sorties, passage chez Takuya) sont traitées avec une douceur qui fonctionne.
Pas de fan service dégueulasse (enfin presque)
C'est là que la série se démarque de ses concurrentes. Kei et Kotoko sont jolies, Takuya le remarque, mais les auteurs ont le bon goût d'éviter le voyeurisme gratuit. Pas de scène gênante montée pour la blague, pas de geste déplacé. Le lien qui se construit reste respectueux, avec quelques taquineries innocentes de Kotoko. Ça fait du bien.
Un premier tome qui pose des bases saines
Une fois les poncifs digérés, le volume se lit plutôt bien. Est-ce que ça tient sur la longueur ? La sortie simultanée du tome 2 permet de vérifier tout de suite.
L'édition française par Shiba Edition
Une copie soignée
La jaquette reste fidèle à l'originale japonaise, le logo-titre est bien adapté et l'impression est convaincante. Le papier a de l'épaisseur, il ne laisse pas transparaître la page suivante. La traduction de Marina Bonzi fonctionne super bien, avec un parler moderne qui colle aux personnages. Le lettrage de Nicolas Willame est propre.
L'écrin collector en édition limitée
Pour le lancement, Shiba propose un écrin collector qui réunit les deux premiers tomes sans augmentation de prix, avec une illustration exclusive en bonus. Le timing est bon, l'anime arrive.
Le gros bémol de l'illustration bonus
Seul vrai problème : l'illustration exclusive imprimée au verso de l'écrin sexualise beaucoup trop les deux héroïnes (qui sont des lycéennes, rappelons-le), alors que le volume évite justement cet écueil de bout en bout. Dommage de gâcher l'effort avec ça.
Pour qui c'est fait ?
Si t'aimes les tranches de vie lycéennes bienveillantes et que tu cherches un truc feel-good autour de la culture otaku, ça peut passer. T'as aimé Horimiya ou My Dress-Up Darling ? Y'a un peu de cette vibe-là, en moins ambitieux. Par contre, si t'as besoin d'originalité narrative ou que les clichés te gonflent vite, ce sera compliqué.
Le manga compte déjà 12 volumes au Japon, toujours en cours dans le magazine Comic Zenon des éditions Coamix. Y'a de quoi faire si l'histoire te branche.
Le verdict honnête
Gals can't be kind to Otaku ?! ne révolutionne rien du tout, trimballe son lot de poncifs et aurait pu sortir il y a quinze ans sans surprendre personne. Derrière cette façade datée, un trio dégage assez de bonnes ondes pour tenir un volume entier. Le respect entre les personnages et l'absence de fan service lourd font pardonner le reste.
C'est pas le manga de l'année, mais c'est une lecture agréable quand on a envie de quelque chose de léger. Le tome 2 dira si la série creuse son sillon ou retombe dans ses travers. L'anime, lui, arrive en avril au Japon, et on aimerait bien qu'une plateforme française le prenne en simulcast.