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Manga

Kazuki Motoyama, l’auteur du manga Super Mario, est mort à 69 ans

Kenji·9 min de lecture
Kazuki Motoyama, l’auteur du manga Super Mario, est mort à 69 ans

Kazuki Motoyama est mort le 25 août 2025, à 69 ans, d’une cardiopathie ischémique. Il avait écrit et dessiné pendant dix ans, de 1988 à 1998, le manga officiel de Super Mario, publié dans Comic BomBom, le magazine pour enfants de Kodansha. La nouvelle n’a été rendue publique que le 2 octobre, par sa sœur Risa Motoyama, mangaka elle aussi, sur son compte Instagram. Six semaines de silence. C’est ce décalage qui explique que la plupart des lecteurs étrangers ne l’aient appris qu’à l’automne, quand la presse spécialisée a repris l’annonce.

Dix ans de Super Mario dans Comic BomBom

La série démarre en 1988. Motoyama en écrit le scénario et en dessine les planches, seul. Le principe tient en une phrase : chaque cycle suit un jeu Nintendo qui vient de sortir et prolonge son histoire là où la console s’arrête. Le premier part de Super Mario Bros. 3, sur Famicom. Viennent ensuite Super Mario Land, Super Mario World, Donkey Kong, puis Super Mario 64. Le dernier, en 1998, s’appuie sur Yoshi’s Story.

Comic BomBom visait les enfants et affrontait directement le CoroCoro Comic de Shogakukan, deux magazines qui vivaient des licences de jouets et de jeux vidéo. Tenir dix ans dans ce format n’a rien d’ordinaire. Les séries y duraient le temps d’une console.

Le parcours complet, magazine par magazine :

Année

Œuvre

Magazine (éditeur)

1977

Love & Mini

Deluxe Margaret (Shūeisha)

1979-1980

Kimattenai noni Kimemaru-kun

Weekly Shōnen Jump (Shūeisha)

1980

Big Shot

Weekly Shōnen Magazine (Kodansha)

1982

Dokkiri! Angel

Weekly Shōnen Magazine (Kodansha)

1988-1998

Super Mario

Comic BomBom (Kodansha)

Le Mario le plus impertinent jamais publié

Motoyama se glissait dans ses propres pages sous les traits d’un personnage récurrent, Mototin, caricature de l’auteur au travail. Le procédé revenait assez souvent pour que les lecteurs l’attendent. Il servait de commentaire, de respiration, parfois d’excuse à une blague qui n’aurait tenu nulle part ailleurs.

Le reste tenait de la farce. Gags potaches, nudité comique, allusions graveleuses : la série s’autorisait, sous licence Nintendo, des choses que la marque n’accepterait plus. Rien de scandaleux pour un manga pour enfants des années 1990, où Dragon Ball faisait pareil. C’est en découvrant ces planches aujourd’hui que le décalage saute aux yeux, et la question posée là est plus large que Mario : elle touche à la place de l’humour dans la narration d’une série longue.

Avant Mario, quatre magazines

Il débute en 1977 dans Deluxe Margaret, un magazine shōjo de Shūeisha, avec Love & Mini. Il signe alors de son vrai nom, Masumi Motoyama. Le pseudonyme Kazuki Motoyama apparaît en 1979, quand il passe au Weekly Shōnen Jump avec Kimattenai noni Kimemaru-kun, qu’il tient jusqu’en 1980.

Suivent Big Shot en 1980, puis Dokkiri! Angel en 1982, tous deux au Weekly Shōnen Magazine de Kodansha. Comédie sentimentale, manga scolaire, manga de sport : il change de registre à chaque titre, et de public à chaque fois. Une carrière japonaise se lit d’abord à ses magazines. L’écart entre un hebdomadaire de Shūeisha et une revue comme Garo mesure assez bien l’étendue du métier.

Une seconde carrière consacrée à l’histoire du Japon

Dès 1985, Motoyama oriente l’essentiel de son travail vers l’histoire. Super Mario occupe la décennie suivante sans l’en détourner. Après 1998, il n’y revient pas : il publie des essais et des mangas historiques, et travaille en particulier sur Kuroda Kanbei, le stratège de Toyotomi Hideyoshi. Il s’y consacrait encore ces dernières années. Cette moitié de sa bibliographie n’a jamais quitté le Japon, et c’est pourtant celle à laquelle il a donné le plus de temps.

Ce que ses lecteurs en ont dit

Hors du Japon, la série a circulé par des traductions de fans, planche par planche, longtemps après la fin de la publication. Les lecteurs européens et américains l’ont découverte par là. Beaucoup n’en revenaient pas de ce qu’un manga sous licence Nintendo pouvait contenir.

Les hommages parus depuis l’annonce viennent surtout d’eux. Ils saluent moins un auteur célèbre qu’un souvenir daté : la première fois qu’on a lu Mario au lieu d’y jouer, et qu’on a compris que le manga était un phénomène de pop culture capable d’avaler n’importe quelle image, même celle d’un plombier de Kyoto.

Questions fréquentes

  1. De quoi est mort Kazuki Motoyama ?
    D’une cardiopathie ischémique, le 25 août 2025, à 69 ans.

  2. Pourquoi la nouvelle a-t-elle mis six semaines à sortir ?
    La famille n’a rien communiqué sur le moment. Sa sœur Risa Motoyama a publié l’annonce le 2 octobre 2025 sur Instagram, et la presse spécialisée l’a reprise ensuite.

  3. Quels jeux le manga Super Mario adapte-t-il ?
    De Super Mario Bros. 3 à Super Mario 64, en passant par Super Mario Land, Super Mario World et Donkey Kong. Le dernier cycle, en 1998, part de Yoshi’s Story.

  4. Qui était Mototin ?
    Le personnage sous lequel Motoyama se représentait lui-même dans ses propres planches.

Écrit parKenji