Captain Underpants : le premier manga épique de Dav Pilkey, tiré à 750 000 exemplaires

« Captain Underpants: The First Epic Manga » est sorti le 7 avril 2026, le même jour aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Dav Pilkey écrit et adapte, le mangaka japonais Motojiro dessine, Scholastic imprime : 750 000 exemplaires pour le premier tirage, sous son label Graphix.
Le livre reprend l’histoire du roman qui a lancé la série en 1997, « The Adventures of Captain Underpants ». George Beard et Harold Hutchins hypnotisent leur directeur, qui se réveille en super-héros et en slip. L’intrigue ne bouge pas. Le reste, si : planches redécoupées dans un style manga, couleur d’un bout à l’autre du volume, dialogues réécrits par Pilkey au moment de l’adaptation, et des Flip-o-Rama inédits, ces séquences qui s’animent quand on fait défiler les pages au pouce.
Un détail fera sourire les habitués du rayon : ce manga-là se lit de gauche à droite. Scholastic a gardé le sens de lecture occidental, quand un manga japonais se parcourt de droite à gauche. Le calcul se comprend pour un lectorat de sept ans qui n’a jamais ouvert un tankōbon.
Motojiro, trente ans de manga pédagogique avant Captain Underpants
Motojiro n’est pas un nom qu’on croise en librairie française. Il travaille à Tokyo comme illustrateur indépendant depuis plus de trente ans, surtout sur du manga éducatif destiné aux enfants, avec des travaux pour l’Asahi Shimbun et les séries Time Warp et Battle Brave. Il est membre de la Japan Cartoonists Association. Un artisan du secteur jeunesse, donc, pas une signature du Weekly Shonen Jump.
Pilkey a dit ce que ce dessin avait changé pour lui : « Son art plein de vie m’a poussé à creuser, à écrire de nouveaux dialogues et à étoffer encore l’histoire. » Autrement dit, le texte a bougé pendant l’adaptation, ce n’est pas un redécoupage graphique du roman de 1997.
Le montage reste rare. Un auteur américain qui confie ses personnages à un dessinateur japonais, ça ne se voit pas souvent ; les échanges se font plutôt entre mangakas, comme lorsque les créateurs de My Hero Academia et Kagurabachi se prêtent leurs héros le temps d’une illustration. Ici, la commande vient de l’éditeur.
Caractéristique | Dav Pilkey | Motojiro |
|---|---|---|
Rôle sur le livre | Texte, adaptation, dialogues | Dessin et couleurs |
Parcours | Créateur de Captain Underpants en 1997, puis de Dog Man | Illustrateur indépendant à Tokyo depuis plus de trente ans |
Terrain habituel | Roman illustré et bande dessinée jeunesse américaine | Manga éducatif pour enfants, presse et édition japonaises |
750 000 exemplaires, le chiffre remis à sa place
Le tirage a fait le tour de la presse spécialisée. Il mérite un peu de contexte, parce qu’il se lit dans deux sens opposés selon l’étagère où on le pose.
Côté manga américain, 750 000 exemplaires est un volume que personne n’atteint. Bleeding Cool relève qu’aucun titre du rayon n’a été imprimé à ce niveau aux États-Unis. Pour Motojiro, le saut est vertigineux. Il passe du manga scolaire japonais au plus gros tirage jamais aligné sur un volume de ce format outre-Atlantique.
Côté catalogue Pilkey, c’est au contraire une mise prudente. Les albums de Dog Man partent à cinq millions d’exemplaires, soit près de sept fois plus. Dog Man, d’ailleurs, est né dans les pages de Captain Underpants : c’est la bande dessinée que George et Harold fabriquent eux-mêmes dans les romans, avant que Scholastic n’en tire une série autonome. L’éditeur avance donc sur le manga avec sa locomotive en tête et le pied sur le frein.
La série mère pèse plus de 90 millions d’exemplaires depuis 1997 et circule en 37 langues. Voilà la base qui autorise un tel pari. Le manga, de son côté, est devenu un phénomène de pop culture chez les lecteurs de moins de quinze ans, et Graphix, le label bande dessinée de Scholastic, va les chercher sur ce terrain avec des histoires déjà installées et un contenu calibré pour leur âge.
Édition | Prix public | ISBN |
|---|---|---|
Broché | 14,99 $ | 978-1-5461-5121-0 |
Relié avec jaquette | 24,99 $ | 979-8-225-01671-5 |
Numérique | 14,99 $ | 978-1-5461-5123-4 |
L’éditeur recommande le livre à partir de sept ans, l’âge d’entrée habituel de la série.
Ce que le format manga apporte vraiment au livre
La bascule ne se joue pas sur l’histoire, qui reste celle du premier tome. Elle se joue sur la page.
Le découpage : des cases plus nombreuses, des plans plus rapprochés, une action qui se déplie sur plusieurs vignettes là où le roman illustré posait une image par idée.
La couleur : le volume est intégralement colorisé, ce qui est l’inverse de l’usage japonais, où le noir et blanc reste la règle pour des raisons de coût et de rythme de parution.
Les visages : le registre d’expressions du manga jeunesse, gouttes de sueur et yeux ronds compris, remplace le trait volontairement maladroit de Pilkey.
Les Flip-o-Rama : la marque de fabrique de la série depuis 1997 est conservée, avec des séquences nouvelles.
Reste une question que les lecteurs de la série se posent, et elle est légitime : le dessin de Pilkey faisait partie de la blague. Ses personnages sont dessinés comme deux gamins de CM1 les dessineraient, parce que ce sont deux gamins de CM1 qui sont censés les avoir inventés. Confier ça à un professionnel japonais qui sait tenir une planche, c’est gagner en lisibilité et perdre un peu de cette fausse maladresse. Le troc se discute.
En français, Captain Underpants s’appelle Capitaine Bobette
Les cinq marchés retenus pour le 7 avril sont tous anglophones. L’annonce de Scholastic n’en mentionne pas d’autres.
La série de romans, elle, existe en français depuis 2000. Éditions Scholastic la publie sous le nom de Capitaine Bobette, à commencer par « Les aventures du capitaine Bobette », puis les tomes suivants et une réédition en couleurs. Bobette pour Underpants : la traduction a préféré le calembour au mot à mot, et le choix a tenu vingt-cinq ans.
FAQ : le manga Captain Underpants
Quand est sorti le manga Captain Underpants ?
Le 7 avril 2026, simultanément aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande.Qui l’a écrit et qui l’a dessiné ?
Dav Pilkey signe le texte et l’adaptation. Le dessin et la couleur sont de Motojiro, illustrateur japonais.Dans quel sens se lit-il ?
De gauche à droite. Scholastic a gardé le sens de lecture occidental plutôt que celui des mangas japonais.À partir de quel âge ?
L’éditeur le recommande dès sept ans.Existe-t-il en français ?
Le manga n’a été annoncé que dans les cinq pays anglophones cités. Les romans d’origine, eux, paraissent en français sous le titre Capitaine Bobette, chez Éditions Scholastic.