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Manga

Twin Engine publie cinq séries manga et cinq one-shots depuis le 3 décembre

Kenji·11 min de lecture

Twin Engine n’est pas un éditeur. C’est un studio d’animation tokyoïte, celui qui a monté Golden Kamuy et My Deer Friend Nokotan. Depuis le 3 décembre, il publie pourtant du manga : cinq séries et cinq histoires courtes, mises en ligne par vagues sur les librairies numériques japonaises.

Ces dix titres servent d’avant-garde. Le lancement complet de l’activité manga, avec son label et son magazine en ligne, est fixé à l’été 2026. Le calendrier a glissé d’un an. Quand la société a ouvert son concours de nouveaux auteurs, en novembre 2024, elle annonçait le label pour le printemps 2025.

La diffusion passe par la boutique maison et par les plateformes habituelles : Apple Books, Kindle, Google Play, BookLive, Comic Cmoa, Mecha Comic. Tout est numérique.

L’objectif affiché tient en une phrase : monter un projet manga et le mener jusqu’à son adaptation animée sans passer la main. Un studio d’animation achète d’ordinaire des droits à un éditeur, négocie sa place dans un comité de production, partage les recettes avec cinq ou six partenaires. Twin Engine veut la chaîne entière, et ses propres personnages au bout.

Les cinq séries lancées le 3 décembre

Les cinq séries se répartissent sur les grands genres de manga du découpage japonais : deux shōnen, un shōjo, un seinen, un josei. C’est méthodique. Pour un premier catalogue, aucune porte n’est fermée.

Titre

Auteur

Public

Sujet

Bessekai Girl (Another World Girl)

Kazusa Inaoka

Shōnen

Une espionne, une magical girl et une médium dans le même monde.

CAST

Kage

Shōnen

Retrouver une jeune fille dans un monde peuplé de monstres.

Saitsuyo☆Akuyaku Reijō

Kogedonbo*

Josei

Le meilleur judoka du Japon réveillé en méchante d’un jeu otome.

Sentō Android, Heiwa na Machi ni Gotensō Sareru

Mochiyoshi

Seinen

Comédie : un androïde de combat téléporté par erreur dans une ville en paix.

Dakara Nikuman o Uru

Yuta

Shōjo

Fantasy chinoise et comédie romantique autour d’un stand de nikuman.

Bessekai Girl a le pitch le plus net du lot. Haiji est une espionne élevée par une organisation secrète, chargée de veiller sur Mahoro, fille de patron. La nuit, Mahoro fausse compagnie à sa garde et file en ville. Haiji découvre alors qu’elle est « Chiffon », la magical girl qui affronte les monstres du quartier. Deux métiers de fiction qui n’avaient aucune raison de se croiser. Kazusa Inaoka, né en 1996, avait déjà publié Aitelsea.

Le nom qui attire l’œil dans la liste reste Kogedonbo*. Le character designer de Di Gi Charat, autrice de Kodomo no Jikan, s’attaque à un croisement improbable : le judo de haut niveau et le roman de méchante d’otome game. Le champion décroche son titre. Le jour même, il se réveille dans le jeu, dans la peau de la rivale que tout le monde déteste.

Le dernier titre, Dakara Nikuman o Uru, se passe dans une ville où humains et hommes-bêtes cohabitent. Une jeune fille chassée de chez elle y finit derrière un stand de petits pains fourrés. Le studio le range en fantasy chinoise, avec une romance en toile de fond.

Les cinq one-shots du même jour

Les histoires courtes sortent en même temps et servent visiblement de banc d’essai. Cinq voix, cinq registres, aucune redite d’un titre à l’autre.

Titre

Auteur

Registre

Tsuki to Ōkami (The Moon and the Wolf)

aki

Shōjo, loup-garou et action

Sonna Aitsura ga Kuwadateru no wa Jinrui Kyani-ka Keikaku

Kanikamayonezuko

Shōnen, comédie

Nina-chan wa Ukitakunai

Ao Kutani

Seinen, lycée et fantastique

SNAKE&SPICE

Ren Tsumori

Seinen, crime et action

Maki-chan no Kagebōshi

Takashi Nanokawa

Drame

Le titre le plus bizarre du lot revient à Kanikamayonezuko : son one-shot raconte une conspiration destinée à transformer le genre humain en crabes. Le nom de plume signifie à peu près « surimi mayonnaise ». Cohérent.

Celui d’Ao Kutani part d’une contrainte plus discrète. Nina peut léviter et ne veut pas, dans un décor de lycée ordinaire. Le titre est classé en seinen, ce qui laisse deviner un traitement moins doux que le résumé ne le suggère.

Un concours qui a déjà donné un auteur au catalogue

L’audition de nouveaux mangakas a ouvert le 15 novembre 2024, avec un dépôt des planches jusqu’au 31 janvier 2025 et un palmarès annoncé en février. Les montants sont publics. Grand prix : 300 000 yens et une série garantie. Prix d’argent : 50 000 yens et une histoire courte publiée. Prix de bronze : un chèque-cadeau Amazon de 10 000 yens et un éditeur attitré.

Le premier palmarès a distribué deux prix d’argent et quatre prix de bronze. Parmi les lauréats de bronze, Kanikamayonezuko, avec une histoire de bons à rien qui empêchent la fin du monde. Neuf mois plus tard, le même auteur signe l’un des cinq one-shots du 3 décembre. Le circuit fonctionne, au moins une fois.

Un studio d’animation qui recrute ses auteurs lui-même court-circuite l’étape habituelle. Dans le schéma classique, un magazine comme Weekly Shōnen Jump repère un débutant, le sérialise, mesure les votes des lecteurs, puis cède les droits d’adaptation à un producteur. Ici, le producteur est là dès la première planche.

Ce que ce lancement dit du marché

Twin Engine arrive sur un terrain encombré. Les plateformes de manga numérique japonaises se comptent par dizaines, et la place se gagne en visibilité, pas en volume de catalogue. Dix titres, c’est peu.

Le pari porte ailleurs : sur la propriété des personnages. Une série qui marche donne un anime, des produits dérivés, éventuellement un jeu, et le studio touche à chaque étage au lieu d’en louer un seul. Une série qui ne marche pas s’arrête, et le retour d’un manga annulé reste rare.

Dix titres numériques lâchés le même jour, au milieu des séries manga lancées en 2025, ont peu de chances de se faire remarquer sur leur seul mérite. Le vrai examen tombe à l’été 2026, avec le magazine et le label. D’ici là, ces dix œuvres tiennent lieu de démonstration : elles montrent ce que le studio sait fabriquer sans éditeur derrière lui.

FAQ sur les nouvelles séries manga de Twin Engine

  1. Quels genres couvrent ces dix titres ?

    Shōnen, shōjo, seinen et josei. Côté séries : deux shōnen, un shōjo, un seinen, un josei. Côté one-shots : deux seinen, un shōnen, un shōjo et un drame.

  2. Ces mangas sortent-ils en version papier ?

    La sortie est numérique. Elle passe par le site de Twin Engine, puis par Apple Books, Kindle, Google Play, BookLive, Comic Cmoa et Mecha Comic.

  3. Des adaptations animées sont-elles prévues ?

    Aucune n’a été annoncée pour ces dix titres. Le studio coorganise avec Straight Edge un autre concours, le prix « Anime de Sekai e ! », qui récompense des romans et garantit à son lauréat une adaptation en anime. Ce n’est pas le même concours.

  4. Quand démarre vraiment le label manga ?

    À l’été 2026. La sortie du 3 décembre 2025 est une première salve, avant l’ouverture du label et du magazine en ligne.

  5. Où suivre les dates de mise en ligne ?

    Le compte X de la division manga de Twin Engine, @Twinenginemanga, annonce les sorties titre par titre.

Écrit parKenji