The Promised Neverland tome 15 : Norman veut exterminer, Emma refuse

Le tome 15 de The Promised Neverland s'intitule « L'entrée ». Il ne referme rien du tout : la série en compte vingt, et ce volume sert de bascule vers le dernier tiers. Norman a repris le nom de William Minerva et prépare l'extermination des démons. Emma refuse. Tout le tome tient dans cet écart.
L'intensification du conflit entre humains et démons
Norman s'allie à des démons écartés du pouvoir sept cents ans plus tôt. Son calcul : allumer une guerre civile chez l'ennemi, puis laisser les deux camps s'entredévorer. Le nombre de morts ne l'arrête pas.
Emma, elle, refuse l'extermination en masse. Elle cherche une autre sortie, quitte à passer pour naïve auprès de ceux qui la suivent. Les deux visent la même chose, sauver les enfants, par des chemins qui ne se recoupent plus. Le volume ne tranche pas entre eux.
L'occasion sert aussi à ouvrir la porte de la société démoniaque, jusqu'ici vue de loin. On y trouve :
Les cinq familles de l'aristocratie, qui se partagent le pouvoir
La reine, présentée ici pour la première fois
Sir Geelan, le démon de haute lignée avec qui Norman traite
Les démons cessent d'être une masse indistincte. Le conflit y gagne en épaisseur, et le plan de Norman devient nettement plus discutable.
Un voyage au cœur du mystère
Emma et Ray partent de leur côté, vers les Sept Murs. C'est là que se joue la Promesse, ce pacte ancien qui a séparé le monde des humains de celui des démons. Emma espère en négocier une autre. Le tome les mène jusqu'à l'entrée, pas au-delà.
Mujika revient au premier plan. « La fille au sang maudit » porte un sang qui dispense les démons de manger de la chair humaine pour garder leur forme, et cette particularité fait d'elle la pièce que les deux camps veulent en main. Norman le sait aussi bien qu'Emma.
Élément | Ce qu'il pèse dans le tome |
|---|---|
Les Sept Murs | Le seul endroit où la Promesse peut être renégociée |
Sir Geelan | L'allié encombrant que Norman s'est choisi |
Mujika | Le sang qui rendrait l'extermination inutile |

Un tome de transition, pas un final
Ce quinzième volume installe le dernier arc de la série. Haine, guerre, rébellion : les thèmes se durcissent, et le récit met ses pièces en place avant l'affrontement.
Une partie des lecteurs a trouvé le rythme lourd et le trait moins soigné que dans les premiers tomes. Le reproche se tient. Le volume consacre beaucoup de pages à installer des factions, et il en tire une lisibilité politique que la série n'avait pas encore.
La fiche du volume :
Titre : L'entrée
Parution française : 19 août 2020
Éditeur : Kazé Manga, dont le catalogue est depuis passé sous l'enseigne Crunchyroll
Format : tankobon de 192 pages
Quinzième tome sur vingt, donc. Kaiu Shirai écrit, Posuka Demizu dessine, et le duo n'a pas bougé depuis le premier volume.
L'impact de The Promised Neverland sur le monde du manga
Prépubliée dans le Weekly Shōnen Jump de 2016 à 2020, la série a tenu vingt tomes sans jamais devenir un manga de combat. Elle a misé sur autre chose : la ruse, le piège, l'information qu'un personnage détient et que l'autre ignore.
Le rapprochement avec Death Note vient tout seul, pour cette raison précise. Deux esprits qui s'affrontent par anticipation plutôt qu'au poing. L'Attaque des Titans occupe l'autre versant, celui des murs et de ce qu'ils cachent au lecteur autant qu'aux personnages.
En France, le succès de la série accompagne une décennie où le manga est devenu un phénomène de pop culture à part entière. Le lectorat adulte y a trouvé son compte sans que les adolescents décrochent, ce qui reste rare.
The Promised Neverland s'est arrêté en 2020, à vingt tomes. Il a rejoint la liste des séries manga terminées, où Jujutsu Kaisen et My Hero Academia l'ont suivi quatre ans plus tard.
Reste que ce tome 15 ne se lit pas seul.
Qui découvre la série ici n'y comprendra rien, et le volume ne fait aucun effort pour l'accueillir : il enchaîne les noms de familles démoniaques, les alliances de circonstance et les décisions prises quinze tomes plus tôt. Pour les autres, c'est le moment où le récit refuse de choisir entre ses deux héros et les laisse s'éloigner l'un de l'autre.