Danganronpa Trigger Happy Havoc The Animation, tome 1 : le manga tiré de l'anime

Le tome 1 de Danganronpa - Trigger Happy Havoc - The Animation n'adapte pas le jeu vidéo, mais la série animée de 2013 qui en a été tirée. Le visual novel de Spike Chunsoft se trouve donc à deux étages de ce volume, et le « The Animation » du titre le dit sans détour. Takashi Tsukimi en signe le scénario et le dessin. Mana Books l'a publié en France le 7 février 2019, et la série entière tient en quatre tomes. Elle est terminée. Personne n'attend la suite.
Kibôgamine, l'école où la rentrée tourne mal
Kibôgamine est un lycée privé qui ne recrute que des surdoués, un par spécialité. Makoto Naegi n'en est pas : il entre par tirage au sort, comme élève ordinaire. Ce coup de chance lui vaut sa place. Il va la payer.
Les élèves se réveillent enfermés, fenêtres blindées, sans issue. Le directeur autoproclamé de l'établissement est un ours en peluche noir et blanc qui parle, Monokuma. Sa règle tient en une ligne : pour quitter les lieux, il faut tuer un camarade sans se faire démasquer. Chaque meurtre déclenche une enquête, puis un procès où les survivants votent le nom du coupable. Erreur de vote, et tout le monde meurt sauf l'assassin.
Le ressort n'a rien d'inédit, mais il tient, parce qu'il force chaque personnage à choisir entre sa peau et celle des autres, devant témoins. Monokuma, lui, a largement dépassé son jeu d'origine : la peluche sadique est devenue une figure de la pop culture japonaise, croisée en figurine et en cosplay bien au-delà du cercle des joueurs.
Horreur et humour noir dans la même case
Danganronpa tient sur un dosage : l'angoisse du huis clos d'un côté, un humour noir qui désamorce de l'autre. Monokuma ricane pendant qu'on relève un cadavre. Le manga garde ce ton, et c'était la première chose qu'on lui demandait.
Les procès de classe posaient le vrai problème d'adaptation. Dans le jeu, ce sont des joutes verbales interactives, où le joueur tire des « balles de vérité » sur les propos qui clochent. Sur le papier, l'interactivité disparaît, et il ne reste que le découpage pour tenir une séquence dont le lecteur connaît déjà le format. Tsukimi mise sur des visages très expressifs, ce qui compte quand une scène entière repose sur un regard fuyant.
Le mélange des genres explique le reste : survival game et enquête à huis clos, avec en fond l'opposition entre espoir et désespoir qui traverse toute la franchise.

La fiche du volume
Le manga a d'abord paru en feuilleton dans le Shônen Ace, chez Kadokawa, entre 2013 et 2014. L'usage japonais veut qu'une série passe par un magazine de prépublication avant d'être reliée en volumes. Mana Books, éditeur français spécialisé dans les licences de jeu vidéo, l'a sorti chez nous le 7 février 2019 à 7,95 €, broché sous jaquette. Les quatre premières pages sont en couleurs, et le sens de lecture japonais est conservé : ça se lit de droite à gauche.
Caractéristique | Détail |
|---|---|
Titre | Danganronpa - Trigger Happy Havoc - The Animation, tome 1 |
Scénario et dessin | Takashi Tsukimi |
Œuvre d'origine | Danganronpa - Trigger Happy Havoc, jeu de Spike Chunsoft |
Prépublication | Shônen Ace (Kadokawa), 2013-2014 |
Éditeur français | Mana Books |
Traduction | Teddy Dumont |
Date de sortie | 7 février 2019 |
Prix | 7,95 € |
ISBN | 979-10-355-0087-0 |
Série | 4 tomes, terminée |
Pour qui, et à quoi s'attendre
Qui a fini le jeu connaît chaque révélation d'avance. Le volume vaut alors pour le trait, et pour le plaisir de retrouver Kyoko Kirigiri, la détective qui ne dit jamais ce qu'elle sait, ou Byakuya Togami, l'héritier insupportable. Ceux qui découvrent la franchise par ce manga auront l'histoire, mais au pas de charge : quatre tomes pour treize épisodes d'animé, le rythme laisse peu de place aux temps morts.
Le trajet de l'écran vers le papier n'a rien d'exceptionnel, d'ailleurs. Le manga tiré de Your Name a suivi le même chemin, avec les mêmes questions de découpage à résoudre.
Reste ce que c'est : une adaptation d'adaptation, fidèle à sa source plutôt que relecture. Espérer une variation personnelle sur le jeu mène droit à la déception. Pour relire l'histoire à son rythme, cases à l'appui, 7,95 € restent une somme modeste.