Baki the Grappler, tomes 2 à 4 : Shinogi, Toba et le retour de Doppo Orochi

Les tomes 2 à 4 de Baki the Grappler tiennent en trois combats : Baki contre Kôshô Shinogi, Baki contre Toba la Montagne, puis Doppo Orochi contre Yujiro Hanma. Le dernier occupe presque tout le tome 4, et le héros n’y monte pas sur le ring. C’est pourtant le meilleur du lot.
Une mise au point s’impose avant d’ouvrir ces volumes, parce que Keisuke Itagaki a écrit six séries Baki à la suite. Celle-ci est la première, Grappler Baki, prépubliée dans le Weekly Shōnen Champion de 1991 à 1999 et réunie en quarante-deux volumes au Japon. Meian la publie en français depuis août 2022, en vingt-quatre tomes, sous le titre Baki the Grappler, Perfect Edition. Les numéros cités ici sont ceux de cette édition française.
Tome 2 : Shinogi et le coup qui tranche les câbles du corps
Baki a déjà eu raison d’un karatéka et d’un boxeur. Ce deuxième volume l’envoie sous le dôme, dans l’arène clandestine où aucun coup n’est interdit, face à un adversaire d’une autre espèce. Kôshô Shinogi ne cogne pas pour assommer. Il coupe.
Sa technique tranche les cordes du corps : nerfs, tendons, vaisseaux, canaux lymphatiques. Le principe est aussi simple que déplaisant. Au lieu d’user un adversaire, on débranche les câbles qui commandent ses bras et ses jambes. Baki gagne par KO, et il choisit d’assommer Shinogi plutôt que de lui briser le bras dans une clé. Il ressort du combat les nerfs abîmés.
Ce duel installe la règle que la série ne lâchera plus. Le volume de muscle ne décide de rien tout seul. Encore faut-il que l’ordre parte du cerveau et arrive au poing, et Shinogi est le premier à s’attaquer au câblage plutôt qu’à la masse.
Tome 3 : Toba la Montagne prend la place de Hanada
L’affiche annonçait Hanada. Elle ne tiendra pas. Toba la Montagne a démoli le champion dans une ruelle sombre, puis s’est présenté à sa place devant Baki, avec l’intention affichée de corriger le gamin.
Le combat qui suit met le héros plus bas qu’il ne l’a jamais été. Toba a les moyens de le battre, et Itagaki ne fait rien pour le cacher. Un spectateur suit l’échange depuis les gradins, sans qu’on sache encore ce qu’il vient chercher.
C’est le volume qui apprend au lecteur à douter. Jusque-là, Baki gagnait. La question devient : jusqu’à quand.
Tome 4 : Doppo Orochi contre Yujiro Hanma, dix ans après
Doppo Orochi dirige le karaté Shinshinkai. Dix ans plus tôt, il a affronté Yujiro Hanma et il a perdu, un soir où il avait bu. La défaite lui est restée en travers. Itagaki lui accorde ici sa revanche, à jeun, au sommet de son art.
Le problème tient en une phrase : Yujiro non plus n’a pas passé dix ans à ne rien faire. Il est plus rapide, plus dur et plus cruel qu’à leur première rencontre. On le surnomme l’Ogre. Ces pages expliquent pourquoi sans avoir besoin de le dire.
Baki regarde. Il ne combat pas, ou si peu, sur l’ensemble du tome. Le pari est audacieux pour un shonen de combat : laisser le personnage principal au bord du ring pendant des centaines de pages, et confier le volume à deux hommes qui ont l’âge d’être son père et son maître.
Le choix dit quelque chose du projet d’Itagaki. Yujiro n’est pas un adversaire final gardé en réserve. Il se montre tôt, il démolit le meilleur karatéka du pays sous les yeux de son fils, et l’écart devient mesurable. La suite de la série vit de cet écart.
Pourquoi Itagaki dessine des corps pareils
La musculature de Baki fait sa réputation, souvent pour de mauvaises raisons. Ce n’est pas un catalogue de culturisme. Itagaki dessine des écorchés : les faisceaux se comptent un par un, les insertions se voient, la peau devient une surface presque transparente au moment de l’effort.
Cette lisibilité sert le récit. Quand un trapèze se gonfle avant un coup, la case annonce l’impact deux images à l’avance, et le lecteur voit venir ce que l’adversaire ne voit pas. Le dessin fait le travail que d’autres séries confient au commentaire. Les mêmes ressorts s’apprennent, d’ailleurs : le relief tient à l’ombrage, la clarté d’un enchaînement aux techniques du mouvement.
Le second usage est mental. Une mâchoire qui se serre, un dos qui se voûte d’un demi-centimètre, un tremblement dans un avant-bras : Itagaki fait passer par l’anatomie ce que les bulles diraient ailleurs. La psychologie des personnages se lit sur les muscles avant de se lire dans les dialogues.
Ce que ces tomes ne contiennent pas
Beaucoup de lecteurs arrivent à Baki par l’anime Netflix, qui adapte la deuxième série sans passer par la première. Trois confusions reviennent sans cesse.
Les cinq condamnés à mort évadés n’apparaissent pas ici. Ils ouvrent New Grappler Baki, la deuxième série, que Meian publie en français depuis mai 2024 en dix-sept tomes.
Le tournoi Maximum arrive beaucoup plus loin dans la première série.
Kureha Shinogi, le frère chirurgien de Kôshô, ne se montre pas dans ces volumes.
Tome | Sur le ring | Ce qui se joue |
|---|---|---|
2 | Baki contre Kôshô Shinogi | Une technique qui vise les nerfs plutôt que les muscles |
3 | Baki contre Toba la Montagne | Un remplaçant imprévu, et la première vraie peur du lecteur |
4 | Doppo Orochi contre Yujiro Hanma | La revanche du karaté Shinshinkai sur l’Ogre |
Questions fréquentes
De quelle série Baki s’agit-il ?
De la première, Grappler Baki, parue dans le Weekly Shōnen Champion de 1991 à 1999. Itagaki en a écrit cinq autres à la suite.Qui publie ces tomes en français ?
Meian, sous le titre Baki the Grappler, Perfect Edition, depuis août 2022. L’édition compte vingt-quatre tomes là où le Japon en comptait quarante-deux.Baki combat-il dans le tome 4 ?
Presque pas. Tout revient à Doppo Orochi et à Yujiro Hanma.Faut-il avoir lu le tome 1 ?
Oui. Le tome 2 s’ouvre juste après les victoires de Baki sur un karatéka et un boxeur, et l’arène clandestine y est déjà en place.Ces combats existent-ils en anime ?
La série animée lancée en 2001 adapte la première série, et le combat contre Shinogi s’y trouve dès la première saison. Les saisons Netflix démarrent, elles, à la deuxième série.