Rugby 24 sur PS4 : le jeu est sorti sous le nom de Rugby 25

Rugby 24 n’est jamais sorti sous ce nom. Le jeu a été rebaptisé Rugby 25 en cours de développement, et c’est sous ce titre qu’il est arrivé sur PlayStation 4, le 13 février 2025, à 59,99 € en édition standard. Chercher « Rugby 24 » sur le PlayStation Store ne donne donc rien. Derrière, le même attelage que sur les épisodes précédents : Big Ant Studios au développement, Nacon à l’édition. La version PS5 est sortie le même jour.
De Rugby 24 à Rugby 25 : ce qui s’est passé
Le jeu devait s’appeler Rugby 24. Les reports se sont enchaînés, sans grande communication. Le 27 juin 2024, Nacon et Big Ant annoncent le nouveau nom ; dès le lendemain, Rugby 25 débarque en accès anticipé sur Steam, avec 21 nations jouables. Sur PC uniquement. Les joueurs PS4 n’ont rien eu avant février.
Sept mois et demi séparent cet accès anticipé de la sortie console. L’idée était de faire tester le jeu par les plus pressés et de corriger avant le lancement complet. Le calcul n’est pas idiot pour un studio de cette taille : animer trente joueurs sur un terrain, tenir une mêlée et une sortie de ruck, ça ne se règle pas en chambre.
Ce que contient la version PS4
Le contenu est l’argument de vente, et sur ce point le jeu tient ses promesses. Plus de 140 sélections nationales, plus de 150 clubs, et les licences officielles qui vont avec :
le Tournoi des Six Nations
l’United Rugby Championship
le Top 14 et la Pro D2
la Premiership anglaise
le Super Rugby et la Major League Rugby
Les All Blacks, les Springboks et le XV de France sont de la partie, sans surprise. La présence de la Premiership fait plus plaisir : les clubs d’outre-Manche complètent un tableau qui, sinon, penchait beaucoup vers l’hémisphère sud.
Compétitions | Équipes notables |
|---|---|
Tournoi des Six Nations | XV de France, Irlande, Angleterre |
United Rugby Championship (URC) | Leinster, Munster, Glasgow Warriors |
Top 14 (France) | Toulouse, Clermont, Racing 92 |
Premiership (Angleterre) | Saracens, Exeter Chiefs, Leicester Tigers |

Les modes de jeu
Le mode Carrière prend une équipe en main : recrutement, entraînement, saison complète. Le match rapide envoie directement sur le terrain. Le multijoueur se joue en local comme en ligne. Et il y a l’Académie, qui vaut à elle seule le détour.
C’est l’éditeur de contenu maison de Big Ant : joueurs, équipes, maillots, logos, stades. Le studio le trimballe de jeu en jeu depuis ses titres de cricket, et il sert ici à rattraper les trous du catalogue. Ce que la licence ne couvre pas, la communauté le recrée. Sur un sport dont les droits sont éclatés entre une dizaine d’ayants droit, l’outil vaut mieux qu’une ligne sur la jaquette.
Faut-il l’acheter sur PS4 ?
Là, ça se gâte. La presse s’est déchirée sur ce jeu : 4,5 sur 5 chez Digitally Downloaded, 25 sur 100 chez NAG Magazine. Un écart pareil sur un même titre, c’est rare. Il dit à peu près tout : on peut adorer le catalogue et détester la manette en main.
Les reproches reviennent d’un test à l’autre. L’IA s’arrête au milieu d’une action. La caméra fixe bouche la vision du terrain. Les passes et les sorties de ruck accusent un temps de retard, et la finition des modèles de joueurs varie fortement d’une équipe à l’autre. Rugby 25 n’a évidemment pas le budget d’un Marvel’s Spider-Man 2, et personne ne le lui demande. On lui demande de tenir une phase de conquête sans bug, ce qui coûte autrement moins cher.
À 59,99 €, la question mérite d’être posée franchement. Le jeu se justifie pour qui veut disputer le Top 14 ou l’URC avec les vrais maillots, et pour qui compte passer du temps dans l’Académie. Pour le reste, mieux vaut attendre une promotion et quelques correctifs.
Le multijoueur local reste la meilleure porte d’entrée : à deux sur le canapé, les errements de l’IA disparaissent d’un coup. Le décor fait le reste, et une lampe à lave PlayStation pèse plus lourd sur l’ambiance d’une soirée que n’importe quel réglage graphique.
Rugby 24 restera donc un nom sans jeu.
Rugby 25, lui, existe, il tourne sur PS4, et il ressemble à ce que le rugby vidéoludique produit depuis des années : beaucoup d’équipes, une vraie ambition, et une finition qui reste en dessous.